Églises et multinationales responsables

Action de Carême se félicite de la déclaration des évêques suisses

08.10.2020
Famille au Burkina Faso devant leur maison détruite par la mine. En arrière-plan, le terril de la mine. Photo : Action de Carême/Meinrad Schade

Aujourd'hui, la Conférence des évêques suisses (CES) et l'Église évangélique réformée de Suisse (EERS) ont préparé une position commune sur l’initiative pour des multinationales responsables. En tant qu'œuvre d'entraide des catholiques, Action de Carême se félicite de cette déclaration qui appuie le travail journalier qu’elle accomplit dans le cadre de ses projets dans les pays du Sud. D’un point de vue éthique et théologique, la notion de responsabilité est considérée comme un impératif. En votant oui à l’initiative, nous soulignerons la nécessité d’un devoir de diligence pour les entreprises.

Dans leur déclaration d’aujourd’hui, la CES et l’EERS montrent que, du point de vue de l’Église, le respect des droits humains est essentiel. La Déclaration universelle des droits de l’homme de 1948 parle d’une seule famille humaine et fait référence à la compréhension fondamentale de l’humanité dans l’histoire judéo-chrétienne de la création. Les chrétiennes et les chrétiens de Suisse auront ainsi l’occasion unique de défendre ces valeurs lors de la votation du 29 novembre 2020.

Des règles contraignantes dans l’intérêt de toutes et de tous

La CES et l’EERS affirment en outre que la plupart des victimes de violations des droits humains ne sont pas en mesure de se défendre et que les entreprises ont donc une responsabilité particulière : « Il est donc d’autant plus important que les entreprises internationales ayant leur siège en Suisse contribuent activement à la protection des droits humains là où elle ne peut pas être garantie, là où elle n’est délibérément pas assurée en raison de conditions politiques et juridiques précaires. […] elles assument la responsabilité d’une culture entrepreneuriale garantissant aux individus le respect de leurs droits, même s’il leur est refusé par leur pays. »

La déclaration stipule également que des règles claires comme celles énoncées dans le texte de l’initiative peuvent en fin de compte aussi participer à la réussite de l’économie : « Une protection grâce au caractère contraignant des droits humains, fondée sur l’État de droit, bénéficie non seulement aux personnes concernées mais aux entreprises elles-mêmes. L’engagement pour les droits humains par le biais de droits nationaux complémentaires qui contrôlent et sanctionnent est donc dans l’intérêt de toutes et tous. »

Les retours du terrain démontrent qu’il y a urgence

Co-initiatrice de l’initiative pour des multinationales responsables, Action de Carême reçoit régulièrement des témoignages de violations des droits humains et d’exploitation des personnes les plus pauvres et démunies provenant des pays où elle est active. La déclaration de la CES et de l’EERS montre, d’un point de vue théologique et éthique, pourquoi l’engagement en faveur des droits humains est indispensable. Il passe par le soutien à l’initiative pour des multinationales responsables qui, bien qu’elle constitue une mesure à caractère juridique, est bâtie sur des bases éthiques claires. La contrepartie de la liberté, y compris la liberté d’entreprendre, est la responsabilité : « Aucune entreprise ne devrait pouvoir tirer un profit ou des avantages concurrentiels de la violation ou du contournement des droits humains. »

Ce que demande l’initiative

L’initiative veut obliger les entreprises qui ont leur siège en Suisse à examiner régulièrement les conséquences de leurs activités sur les droits humains et l’environnement, également à l’étranger. Sa mise en œuvre sera principalement axée sur la prévention. L’action volontaire ne suffit pas, c’est pourquoi les entreprises doivent être tenues responsables des violations des droits humains causées tant par elles-mêmes que par leurs filiales.

 

Pour de plus amples informations :

« Les dessous du boom du cobalt », reportage multimédia en RDC