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Communiqué de presse

Guatemala : une triple catastrophe et un avenir bouché

10.12.2020

Marginalisées, discriminées et bafouées, les communautés indigènes du Guatemala sont les premières victimes de la pauvreté. La pandémie de Covid-19, une politique qui les méprise et, comble de malheur, les ouragans Eta et Iota les ont conduites au bord de l’abîme. Les indigènes ont besoin d’un soutien de toute urgence et la Journée internationale des droits humains est une bonne occasion de le rappeler.

Alors que les Guatémaltèques sont aux prises avec les ravages causés par les ouragans et la pandémie, le Congrès approuve des coupes claires dans le budget dont le poids est supporté une fois de plus essentiellement par les communautés indigènes. La pauvreté et la marginalisation de la population n’ont fait qu’empirer et les violations des droits humains, comme l’interdiction des rassemblements, sont monnaie courante. Flavio Caal Chen, du comité de Redsag, un partenaire d’Action de Carême, brosse un panorama désolant : « Les ouragans Eta et Iota ont fait d’immenses ravages, provoquant inondations et glissements de terrain. La population souffre énormément des conséquences des tempêtes et des pluies torrentielles, surtout dans le nord et l’est du Guatemala. Il est encore impossible d’estimer exactement les dégâts. En effet, les précipitations se succèdent et le niveau des rivières reste élevé. Des centaines de maisons sont sous l’eau, les récoltes de maïs et de haricots sont dévastées, les semences pour la prochaine campagne agricole perdues, des potagers et des villages entiers inondés. Des centaines de communautés sont coupées du monde et encore sous la menace. »

Un gouvernement passif face à une situation d’urgence

La destruction des récoltes et des semences est une catastrophe, car l’agriculture paysanne est aussi la pourvoyeuse d’aliments d’un grand nombre de citadin·ne·s. Les petit·e·s paysan·ne·s peuvent normalement écouler leurs excédents et se procurer ainsi un revenu supplémentaire. Après des mois de confinement, la police de la région de Sololá, où travaille le partenaire d’Action de Carême, a encore durci les directives présidentielles visant à restreindre les déplacements. En effet, alors que le président Alejandro Giammattei avait autorisé les déplacements des véhicules chargés de denrées alimentaires, la police a décidé de les interdire. Il a fallu une émeute de la population affamée pour que la police fasse marche arrière et applique correctement la directive présidentielle.

Quant au soutien que l’État dispense aux communautés indigènes en matière d’agriculture, il est lui aussi marqué du sceau de l’iniquité. « En octobre par exemple, les données du monitorage effectué par la Coordinación de ONGs y Cooperativas de Guatemala (Congcoop) indiquent que le ministère de l’Agriculture n’a utilisé que 33 % de son budget, une donnée alarmante dans un pays frappé de plein fouet par la pandémie, d’autant plus que les communautés indigènes, notamment, n’ont reçu aucun appui », dénonce Flavio Caal Chen de Redsag. Le gouvernement guatémaltèque a aussi encore des progrès à faire en ce qui concerne la prévention des catastrophes naturelles : face à des phénomènes météorologiques récurrents comme les ouragans, il n’a toujours pas pris les mesures qui s’imposent pour protéger tous les habitant·e·s, quel que soit leur statut social.

Droit à la protection, à la sécurité et à l’alimentation

Avec son partenaire Redsag, Action de Carême demande, à l’occasion de la Journée des droits humains, que les communautés indigènes du Guatemala puissent bénéficier de leur droit à la protection, à la sécurité, à l’alimentation et à l’autodétermination. Pour que les paysans et les paysannes puissent vivre et travailler dans des conditions dignes, il faut en outre que le Guatemala adopte et mette en œuvre la Déclaration sur les droits des paysans des Nations Unies que défend Action de Carême en Suisse et dans les pays de l’hémisphère sud. Cette déclaration encourage en effet les gouvernements à adopter des mesures de protection et de soutien des paysannes et des paysans. Coordinateur de Redsag, David Paredes en explique sans détours les raisons : « Sans les paysannes et les paysans, il n’y a pas de nourriture, personne qui prenne soin de l’environnement, de l’eau, des semences et de la biodiversité, des éléments indispensables à notre vie. Il est donc impératif de préserver leurs droits et de leur garantir l’accès à la terre, à l’eau, aux semences et à un travail digne ».

 

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