Kenya

La sécheresse sévit depuis deux ans

24.11.2022
Alors que le monde se remet du sommet des Nations Unies sur le climat à Sharm El-Sheikh, au Kenya, Loisa Maimpu passe sa journée à chercher de l’eau et de la nourriture pour sa famille et ses animaux. Depuis plus de deux ans, le Kenya subit une sécheresse d’une intensité inédite.

Une analyse de Leon Jander, responsable du programme Kenya

Loisa Maimpu, du peuple Massaï, vit dans le comté de Kajiado, une région aride du Kenya à la frontière avec la Tanzanie. Les Massaïs étant des éleveuses et éleveurs de bétail, les grands troupeaux font la fierté de chaque famille et constituent leur moyen de subsistance. La sécheresse croissante due aux changements climatiques rend difficile l’entretien de ces grands troupeaux et les Massaïs doivent parcourir des distances toujours plus longues pour trouver des pâturages.

La longue sécheresse affaiblit les animaux, dont beaucoup meurent.
Le raccourcissement de la saison des pluies a des conséquences dramatiques
Les populations des régions arides du Kenya sont déjà habituées aux périodes de chaleur et de sécheresse. Elles parviennent généralement à se rétablir lors de la saison des pluies suivante. Toutefois, les changements climatiques prolongent tellement la durée et l’intensité des sécheresses que tant les hommes et les femmes que les animaux n’arrivent plus à s’y adapter assez vite. En cette période, la pluie tombe habituellement dans de nombreuses régions du Kenya. C’est en partie le cas, mais pour la cinquième fois consécutive, la saison des pluies est moins intense que la moyenne. Les météorologues parlent d’une diminution des précipitations de 60 %. Les prévisions pour la saison des pluies du printemps 2023 sont tout aussi mauvaises. La sécheresse prolongée affecte la santé des personnes et des animaux ainsi que le développement des enfants, de même qu’elle entraîne une augmentation des décès. En outre, les conflits entre les personnes et avec les animaux se multiplient. Tout le monde est à la recherche d’eau et de nourriture.
L'agriculture offre des sources de revenus et de nourriture supplémentaires.
Amélioration de l’approvisionnement alimentaire
Afin de s’en sortir, les gens se tournent souvent vers l’agriculture comme source de revenus et de nourriture supplémentaires. L’organisation partenaire Olkejuado Pastoralists Development Organization (Dupoto-e-Maa), avec laquelle Action de Carême collabore avec succès depuis 2009, les accompagne dans cette démarche. Lors d’une évaluation externe du projet en 2021, des effets encourageants ont été constatés : 18 % des personnes faisant partie du groupe cible ont indiqué la vente de légumes comme principale source de revenus, alors qu’il n’en était pas encore question au début du projet. L’agriculture a également permis de diversifier l’alimentation et les familles ont désormais plus de légumes sur leur table.
Alors que le monde se remet du sommet des Nations unies sur le climat à Sharm El-Sheikh, au Kenya, Loisa Maimpu passe sa journée à chercher de l'eau et de la nourriture pour sa famille et ses animaux. Depuis plus de deux ans, le Kenya subit une sécheresse d'une intensité inédite.
Action de Carême soutient l’aide d’urgence 
Il faudra des années pour que les décisions prises lors de la COP27 soient mises en œuvre. D’année en année, il sera de plus en plus difficile d’atteindre l’objectif de 1,5 degré. De temps, Loisa Maimpu n’en a plus. Dans la région du projet, Action de Carême fournit une aide d’urgence afin d’atténuer la détresse la plus grave. Ce type d’aide est important pour que les progrès réalisés dans les projets de développement à long terme des organisations partenaires ne soient pas perdus.  

En 2020, l’émission Mitenand de la SRF a fait un reportage sur Dupoto-e-Maa, une organisation partenaire d’Action de Carême au Kenya. Vous trouverez le reportage ici (en allemand).

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