Action de Carême  
Éliminer la faim ensemble
Notre logo change, nos valeurs restent. Un grand merci pour votre soutien !
close-disruptor

Les communautés autochtones du Brésil à la COP26

Le côté obscur des projets énergétiques

13.11.2021

Grâce à Action de Carême, les communautés autochtones du Brésil ont pu s’exprimer à la COP26. En Amazonie, elles sont victimes d’expulsions et souffrent des conséquences du déboisement. De son côté, le gouvernement brésilien a fait tout ce qu’il a pu pour saboter le sommet sur le climat.

Un commentaire de Stefan Salzmann et Bernd Nilles depuis la COP26 à Glasgow

En Amazonie, les barrages causent le déplacement des communautés locales. Qu’en est-il de la justice climatique ?

Le public a répondu présent lors de l’événement organisé par Action de Carême à Glasgow dans le cadre du sommet sur le climat : une centaine de personnes l’ont suivi sur place et 200 autres se sont connectées en ligne. Des représentantes des communautés autochtones du bassin amazonien ont témoigné de leur vie quotidienne.

Les déplacements forcés, la perte de leurs maisons, la menace de disparition de leur culture et le manque de perspectives sont leurs principales préoccupations. Il est grand temps que le monde connaisse le revers de la médaille des projets d’énergie renouvelable à grande échelle, comme par exemple la construction du barrage de Belo Monte, afin que l’histoire ne se répète pas.

La politique brésilienne : du pur « greenwashing »

Les entreprises et les représentant·e·s politiques signent des tas d’initiatives internationales visant à soi-disant limiter le réchauffement de la planète. L’une d’entre elles consiste à mettre un terme à la déforestation, mais aucune mesure ni plan de mise en œuvre ne sont actuellement prévus.

Une autre consiste à faire pression pour la mise en place de réseaux de distribution d’énergie renouvelable à l’échelle mondiale. Au nom de la protection du climat, de grands projets sont mis en avant sans tenir compte des communautés locales. Le prochain grand barrage est déjà en cours de construction sur le Rio Tapajos.

Dans le pavillon brésilien, le gouvernement n’a aucun scrupule à présenter le succès du développement durable « vert » de l’État du Mato Grosso, alors même que ce dernier a été défriché comme aucun autre État ces dernières années afin d’y promouvoir l’agriculture agro-industrielle.

Action de Carême donne une voix aux peuples autochtones, le Brésil aux lobbyistes de l’agrobusiness

Au sein du réseau Juruena Vivo, les communautés autochtones se mobilisent contre la politique gouvernementale. Action de Carême leur a permis de se rendre à Glasgow pour que leur voix puisse être entendue.

À Glasgow, le Brésil a été représenté par non moins de 479 personnes, soit environ deux fois plus que le nombre de représentant·e·s du pays hôte, la Grande-Bretagne. L’organisation partenaire d’Action de Carême Observatorio do Clima a compté combien des précieuses accréditations ont été accordées aux différents secteurs : 9 à des organisations de lobbying du secteur agricole, 6 au secteur de l’industrie et 25 à celui des affaires.

Accès facilité pour les conjoints, pratiquement aucun accès pour les militant·e·s autochtones

Les épouses des représentants de quatre États et d’une grande ville ont été invitées à se joindre à la délégation brésilienne et ont eu accès à toutes les salles de négociation. Or, c’est précisément dans ces espaces de négociation que les représentant·e·s brésilien·ne·s sont connu·e·s pour avoir l’habitude d’entraver les revendications de transparence, de retarder les négociations par de longs monologues ou d’enrichir les textes d’amendements non majoritaires.

Parallèlement, la jeune militante indigène Txai Suruí, qui a eu la chance d’obtenir une accréditation pour assister à la conférence, a été physiquement harcelée en public par un membre de la délégation brésilienne, qui a ensuite été arrêté par le personnel de sécurité. Ce comportement inapproprié a valu au Brésil la distinction « Fossil of the Day » (fossile du jour), un prix décerné par la société civile pour dénoncer des attitudes inadéquates lors de la conférence.

Soutenez notre engagement en faveur de la justice climatique

Choisissez le montant désiré