Deux ans après la catastrophe Mariana

Les boues qui ont semé la destruction

23.10.2017

La rupture du barrage Samarco près de Mariana et la longue lutte pour défendre les droits des personnes et la justice.

Le 5 novembre 2015, le barrage Fundão s’est rompu au niveau de la municipalité de Mariana, dans l’État du Minas Gerais, au Brésil.

 

L’eau de la Doce

 

Dans la municipalité de Baixo Guandu, les gens dépendaient de la Doce pour s’approvisionner en eau. Le service indépendant des eaux et des égouts de la ville, SAAE, a entrepris d’examiner la qualité de l’eau de la Doce peu après la rupture du barrage. On y a détecté la présence de particules métalliques de plomb, d’aluminium, de fer, de baryum, de cuivre, de bore et de mercure, entre autres.

 

« La situation se résume en deux mots : rivière morte », le directeur du SAAE, Luciano Magalhães, a-t-il affirmé. « Elle n’est plus bonne à rien, ni pour l’irrigation, ni pour les animaux, et encore moins pour la consommation humaine. On ne peut pas s’imaginer un pire scénario. La Doce n’est plus. Elle semble contenir tout le tableau périodique des éléments ! »

 

Un cas d’envergure internationale

 

Différents rapports et plaintes ont été faits au niveau international, y compris à des comités des Nations Unies et à la Commission interaméricaine de l’OÉA. Les organismes internationaux de défense des droits humains ont souvent des pouvoirs qui sont limités à la proposition de recommandations aux États membres sur les manières de mieux se protéger contre les abus des compagnies privées.

 

Même lorsque ces organismes jugent les plaintes fondées, les procédures en question sont limitées : il n’est pas possible d’introduire un recours afin de faire respecter les recommandations ou les décisions d’un tribunal ou d’un organe exécutif international.

 

Viser la responsabilité des entreprises

 

La prochaine session du groupe de travail intergouvernemental à composition non limitée se tiendra fin octobre 2017. Certains éléments du projet d’instrument juridiquement contraignant sur les entreprises transnationales et autres entreprises et les droits humains ont déjà été publiés. Les organisations de la société civile soumettront des propositions de sujets pour discussion en lien avec le traité contraignant à venir. À titre d’exemple, le traité de l’ONU devrait définir les obligations extraterritoriales des États et combler les lacunes juridiques et pratiques qui existent au niveau de la protection des droits humains face aux activités des compagnies transnationales et autres entreprises. 

 

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