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Colombie

María Mirlay Fierro Rodríguez a souvent eu la vie dure, mais elle s’est forgé une existence heureuse.

Source : Juan Manuel Peña

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20.01.2026

Colombie, Efficacité, Promouvoir l'égalité

Reconstruire sa vie après avoir fui la violence

María Mirlay Fierro Rodríguez exploite une ferme à l’est de Neiva, dans le sud de la Colombie. Elle s’engage également pour les droits des communautés paysannes. Pour en arriver là, elle a dû emprunter un parcours fait d’exode, d’intimidations et de dur labeur.

Auteur·e

Ralf Kaminski, rédacteur

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Une lutte qui soude

En 2006, María et son compagnon ont décidé, le cœur brisé, de partir de chez eux. « Je voulais élever mes cinq enfants dans un endroit pacifique. Les débuts à Neiva ont cependant été éprouvants. En extrayant du sable de la rivière Las Ceibas, nous gagnions à peine de quoi vivre. »

Quelques années plus tard, le couple, accompagné d’autres familles, a commencé à occuper quelques parcelles dans la région. À l’époque, c’était la seule façon d’avoir accès à la terre. « Nous avons débarqué les mains vides, nous devions tout recommencer à zéro. Nous avions tous les jours la même chose, avec la crainte constante de devoir fuir à nouveau. » Juridiquement parlant, la terre appartenait à un grand propriétaire terrien, qui ne l’exploitait pas. Un problème très répandu en Colombie.

En dépit des intimidations, la stratégie d’occupation s’est révélée fructueuse : les familles ont pu reconstituer leur vie là et la campagne est actuellement en négociations avec le propriétaire pour acquérir les parcelles à un prix avantageux. Cette lutte les a soudées. Elles ont même fondé leur propre organisation, Plataforma Sur de Neiva, qui les aide pour diverses questions, notamment en matière de travail, d’esprit communautaire et de prévoyance professionnelle. « Nous nous sommes approprié·e·s cet endroit et nous avons réussi à en faire un lieu de vie digne. Nous sommes devenu·e·s les représentant·e·s de notre communauté. Nous avons créé un lieu où nous pouvons vivre en sécurité. »

La force du collectif

Malgré les épreuves, María ne s’est pas laissé abattre. Elle puise son énergie dans sa force intérieure et le soutien de son entourage. « Ma famille, ma communauté et mon réseau de femmes de la région me stimulent et me donnent de la force. Tout cela m’a rendue plus forte et m’a appris à ne jamais renoncer. »

Quand elle pense à l’avenir, elle aimerait investir et produire encore plus de panela. « Nous devons encore améliorer nos infrastructures et moderniser nos installations. » Par ailleurs, María met son expérience au service d’autres personnes qui ont subi comme elle la violence et l’exode. « Je veux leur transmettre ce que j’ai appris pour qu’elles puissent se projeter dans l’avenir. »

Elle ne regrette pas d’avoir pris un nouveau départ. « Je suis convaincue d’avoir fait le bon choix en quittant mon ancien foyer. Nous avons enfin trouvé un endroit où nous pouvons vivre en paix. Je veux continuer à me battre afin que notre région mérite vraiment d’être appelée “terre de paix”. »

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