
Au Kenya, l’agroécologie s’apprend aussi à l’école : des élèves de la Chamakanga Primary School cultivent leur jardin scolaire.
Produire suffisamment pour se nourrir et vivre de son travail devient de plus en plus difficile pour de nombreuses familles paysannes. Sécheresses à répétition, pluies diluviennes, dégradation des sols ou dépendance à des intrants coûteux fragilisent les récoltes et les moyens de subsistance.
Ces bouleversements touchent également l’agriculture suisse. Mais leurs conséquences ne sont pas les mêmes partout. Là où des ressources et des mécanismes de soutien permettent d’amortir une partie des chocs, une mauvaise récolte peut, dans les régions les plus vulnérables, menacer directement l’alimentation et les revenus d’une famille.
Face à ces défis, une question s’impose : comment construire des systèmes alimentaires capables de mieux résister aux crises tout en assurant durablement le droit à l’alimentation ?
L’agroécologie : bien plus qu’une manière de cultiver
L’agroécologie s’appuie notamment sur la biodiversité, la diversification des cultures, des semences adaptées aux conditions locales et une utilisation plus durable des ressources naturelles. Elle permet aussi de réduire la dépendance à certains intrants extérieurs. Mais elle ne se joue pas uniquement dans les champs.
L’échange de connaissances, l’organisation des communautés, les groupes de solidarité ou encore la capacité des paysannes et paysans à prendre collectivement des décisions en font également partie. Et si cette dimension sociale était aussi importante que les pratiques agricoles elles-mêmes ? C’est l’une des questions auxquelles apporte un nouvel éclairage le Rapport mondial sur la nutrition 2026 de l’Alliance suisse pour une alimentation mondiale durable (Sufosec), dont Action de Carême et SWISSAID sont membres.
Plus de 12 000 ménages suivis
Depuis plusieurs années, les organisations membres de Sufosec recueillent des données auprès de familles participant à leurs programmes. Le nouveau rapport s’appuie sur les données de plus de 12 000 ménages et permet d’observer l’évolution de leur situation au fil du temps.
L’agroécologie permet-elle réellement de renforcer la sécurité alimentaire ? Quelles pratiques font la différence ? Quel rôle joue la capacité des communautés à s’organiser ? Et à quelles conditions les transformations observées peuvent-elles s’inscrire dans la durée ? Plutôt que de livrer ici toutes les réponses, nous vous invitons à venir les découvrir et en discuter avec celles et ceux qui travaillent directement sur ces questions.
Rendez-vous le 8 octobre à Genève
Le 8 octobre à Genève, Action de Carême et SWISSAID réuniront plusieurs regards autour de ces questions. À travers des données, des expériences de terrain et des regards croisés entre le Kenya et Genève, la soirée cherchera à comprendre ce qui permet réellement à l’agroécologie de contribuer à la lutte contre la faim et la crise climatique. En cette Année internationale des agricultrices, elle sera aussi l’occasion de faire entendre la voix de femmes qui contribuent à transformer les systèmes alimentaires.
« Le climat s’emballe, la faim persiste : cultivons autrement ! »
Jeudi 8 octobre 2026, 18h15–19h30
Foound, Genève
La conférence sera suivie d’un apéritif dînatoire.
Sufosec, une alliance suisse pour des systèmes alimentaires durables
L’Alliance suisse pour une alimentation mondiale durable (Sufosec) réunit six organisations suisses de coopération internationale – Action de Carême, SWISSAID, Vivamos Mejor, Vétérinaires Sans Frontières Suisse, Aqua Alimenta et Skat Foundation – autour d’un objectif commun : contribuer à la transformation des systèmes alimentaires et renforcer la sécurité alimentaire. En mettant en commun leurs expériences et leurs données, les organisations peuvent mesurer les effets de leurs approches au-delà de projets individuels et en tirer des enseignements communs.

