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UN Binding Treaty

L'Afrique du Sud produit environ 70 % du platine extrait dans le monde. Mine située dans la province du Limpopo, en Afrique du Sud.

Source : Fastenaktion

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19.10.2026

Afrique du Sud, Garantir les droits humains

Multinationales : les communautés réclament une règlementation contraignante

Un nouveau traité des Nations Unies est actuellement en préparation afin de prévenir les violations des droits humains liées aux activités des multinationales, notamment dans les secteurs de l’agriculture et de l’extraction des matières premières. Les négociations à ce sujet se sont poursuivies la semaine dernière à Genève, une nouvelle fois sans la participation de la Suisse. Action de Carême suit ce processus de près depuis plusieurs années et s’engage, aux côtés de ses organisations partenaires sud-africaines, pour faire entendre la voix des communautés concernées, trop souvent ignorées. Ensemble, nous demandons à la Suisse de participer enfin activement à l’élaboration du traité.

Auteur·e

Tiziana Conti, responsable relations publiques pour la Suisse romande

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Déplacements forcés, pollution de l’eau et des sols, problèmes de santé : en Afrique, les populations vivant à proximité des mines subissent les conséquences néfastes de l’extraction des matières premières. Anesu Dera, avocat au Centre for Applied Legal Studies (CALS), en Afrique du Sud, évoque aussi des menaces contre les personnes qui défendent leurs droits. Organisation partenaire d’Action de Carême, le CALS accompagne gratuitement les communautés dans leurs démarches juridiques.

Des droits difficiles à défendre

Les plaintes restent pourtant souvent sans suite et les recours coûtent cher. Selon Anesu Dera, certaines entreprises prolongent les procédures jusqu’à épuiser les ressources des communautés et des organisations qui les défendent. « Les procédures durent des années et, parfois, les victimes meurent avant d’avoir obtenu justice », témoigne-t-il.

Les multinationales opèrent à travers des filiales dans plusieurs pays. Pour les communautés, cette structure mondialisée complique les démarches : comment demander des comptes à une société mère située à l’étranger lorsque les lorsqu’elles n’obtiennent pas justice dans leur pays, comment demander des comptes à une société mère établie à l’étranger ?

Du terrain aux négociations

Fortes de leur expérience auprès des communautés, les organisations partenaires sud-africaines d’Action de Carême contribuent à l’élaboration du traité. « Le texte du traité doit s’appuyer sur les réalités vécues par les communautés touchées », insiste Anesu Dera. Son expertise juridique permet de traduire ces expériences en propositions concrètes.

Mervyn Abrahams souligne aussi l’importance de prévoir, dès le début de l’exploitation, la remise en état des sites miniers : les conséquences de l’extraction peuvent persister des décennies après la fermeture des mines. Action de Carême soutient le travail quotidien de ces organisations et leur participation aux négociations à Genève, pour porter ensemble cette exigence de justice.

Qu’est-ce que le Binding Treaty ?

Le « Binding Treaty » est un projet de traité international juridiquement contraignant sur les entreprises et les droits humains. Négocié aux Nations Unies depuis 2014, à l’initiative de l’Équateur et de l’Afrique du Sud, il vise à prévenir les violations liées aux activités des entreprises transnationales et à permettre aux personnes concernées d’obtenir justice et réparation.

Que signifie « contraignant » ?

Les États qui adhéreraient au traité auraient des obligations juridiques. Ils devraient encadrer les activités des entreprises et renforcer les moyens de recours des personnes dont les droits ont été violés. La protection de ces droits reposerait ainsi sur des règles obligatoires, au-delà des engagements volontaires des entreprises.

Pourquoi un traité international ?

Les multinationales exercent leurs activités dans plusieurs pays, avec des filiales, des fournisseurs et des sous-traitants. Cette organisation peut compliquer l’identification des responsabilités et les démarches judiciaires. Le traité vise à établir des règles communes entre les États parties et à faciliter leur coopération, afin de réduire les obstacles à la justice au-delà des frontières.

Où en est le processus ?

Le traité est encore en négociation : le contenu précis des obligations reste à finaliser. Fin 2027, un projet final devrait être présenté, mais cela ne signifie pas que le traité sera adopté ou applicable à ce moment. Son adoption, puis sa ratification par les États et son entrée en vigueur, constituent des étapes distinctes. Action de Carême suit le procès en tant que membre du groupe de travail « Entreprises transnationales et droits humains ».