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Guatemala

Leiria Vay García est membre du comité de direction de l’organisation CODECA, qui s’engage pour les droits des communautés autochtones.

Source : CIDSE / Action de Carême

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29.04.2026

Guatemala, Consolidation, Efficacité

« La police protège les entreprises, pas la population » 

Sur la côte sud du Guatemala se trouvent certaines des terres les plus fertiles du pays. Pourtant, pour les communautés autochtones qui y vivent, la pauvreté ne cesse de s’aggraver en raison de l’accaparement des terres et de la violence. Mais la résistance est bien présente : Leiria Vay, de notre organisation partenaire CODECA, a rendu compte en novembre, lors d'une réunion à l'ONU à Genève, de son travail courageux, qui a déjà coûté la vie à plusieurs militant·e·s.

Auteur·e

Tiziana Conti, responsable communication pour la Suisse romande

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Pourquoi les populations ne bénéficient-elles pas de la croissance économique ? 

Nous vivons pratiquement sans État et sans droits. La police protège les entreprises, pas la population. L’eau manque, car les monocultures accaparent et contaminent les rivières. Il y a cinq ans, nous sommes allé·e·s au fleuve pendant la Semaine sainte, comme nous le faisions toujours. Quand nous sommes arrivé·e·s, il n’y avait plus d’eau : elle avait été détournée en amont pour irriguer la canne. On parle de développement, mais pour nous cela signifie davantage d’exploitation. À cela s’ajoute la discrimination dont nous, peuples autochtones, sommes victimes.

 

Comment cette discrimination se manifeste-t-elle au quotidien ? 

La discrimination est omniprésente, au point que certaines personnes ne se reconnaissent même plus comme autochtones. À l’école, nos langues ne sont pas enseignées, seul l’espagnol l’est. Pendant longtemps, les femmes autochtones n’ont pas eu accès à l’éducation : elles devaient travailler dans les champs et n’apprenaient même pas l’espagnol. Aujourd’hui, elles sont souvent employées comme domestiques, à des salaires très bas. Moi-même, je porte des vêtements occidentaux, non par choix culturel, mais parce qu’il est moins cher d’acheter des habits d’occasion venus des États-Unis que de porter des vêtements mayas. 

 

CODECA s’engage notamment pour l’accès à la terre. Pourquoi est-ce si central ? 

Parce que la terre est la base de tout. Si nous avions accès à la terre et que nos territoires n’étaient pas envahis, nous n’aurions pas à accepter une exploitation toujours plus grande. On nous enlève la terre pour nous obliger à travailler dans les plantations. Sans terre, il n’y a pas de souveraineté alimentaire, pas d’autonomie, pas de dignité. Nous avons besoin de terres pour cultiver nos aliments traditionnels et de territoires pour vivre en lien avec les rivières et les forêts, comme nous l’avons toujours fait. 

Notre organisation partenaire CODECA

CODECA, le Comité de Desarrollo Campesino (en français : « Comité pour le développement rural »), soutient et accompagne des communautés paysannes qui défendent leur accès à la terre et leur souveraineté alimentaire. Depuis 2012, les femmes jouent un rôle central au sein de CODECA dans la lutte pour des changements structurels et la défense de leurs droits. Depuis 2020, CODECA est une organisation partenaire d’Action de Carême au Guatemala. Le comité compte plus de 100 000 familles membres.

Quel rôle jouent les femmes au sein de l’organisation ? 

Les femmes représentent plus de 60 % des membres de CODECA. Pourtant, accéder aux espaces de direction reste difficile. Beaucoup disent : « Je ne sais pas lire », « j’ai peur », « qui va s’occuper de mes enfants ? ». La pauvreté, les responsabilités domestiques et le manque d’éducation limitent leur participation. Nous travaillons à renforcer leur leadership et à ce qu’elles se reconnaissent comme des actrices politiques à part entière. 

 

Y a-t-il une femme qui t’inspire particulièrement ? 

Ma mère. Elle parle peu, mais elle est le pilier du mouvement. Pendant la guerre, elle a soutenu mon père lorsqu’il était poursuivi par l’armée. Lorsqu’il a été emprisonné, elle a tenu le mouvement et la famille. Elle élevait des animaux pour qu’il y ait à manger lors des réunions. Elle disait : « Qu’ils viennent, je tuerai des poules et nous mangerons ensemble. » Elle a aussi ouvert des espaces de réflexion spirituelle, car certains prêtres et pasteurs disaient que lutter était un péché. Ma mère répondait que chercher la justice et la dignité n’est pas un péché. Et elle rappelait que la Bible raconte aussi des luttes, comme celle de Moïse conduisant son peuple vers la liberté. 

 

Qu’attends-tu de la communauté internationale ? 

De la solidarité et de la visibilité pour nos luttes. Souvent, la criminalisation existe parce que notre réalité n’est pas connue. Nous ne refusons pas le développement. Nous refusons la destruction. Nous voulons vivre dans la dignité. 

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