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Kenya

Dans son travail aux champs, Jael Okalio mise sur des semences issues de sa propre production et sur des méthodes de culture agroécologiques.

Source : Saruni, Eyeris Communications

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16.02.2026

Kenya, Agroécologie, Sécurité alimentaire

Quand les semences locales font la richesse des récoltes

La vie de Jael Okalio s’est profondément transformée depuis qu’elle dirige un groupe de solidarité dans l’ouest du Kenya. Désormais, sa famille mange plus sainement, dispose de revenus plus stables et les tensions se sont apaisées. Sans compter qu’elle appartient aujourd’hui à une grande communauté très soudée.

Auteur·e

Ralf Kaminski, rédacteur

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Groupes de solidarité

Dans les groupes de solidarité, les membres versent de l’argent ou des denrées alimentaires dans une caisse commune. Ils et elles peuvent ensuite obtenir des prêts avantageux, voire sans intérêts comme c’est le cas au Sénégal, pour financer des besoins de base tels que les frais de scolarité, les dépenses de santé ou les achats alimentaires.

En cas d’urgence, les membres peuvent aussi emprunter de l’argent ou des céréales, car la solidarité et la sécurité passent avant le profit. Action de Carême finance la formation et l’accompagnement des groupes, assurés par des animatrices et animateurs locaux, mais ne contribue pas directement à la caisse commune.

Les groupes de solidarité sont adaptés aux spécificités culturelles de chaque pays. Ils contribuent à réduire durablement la faim, comme l’a montré une étude d’impact réalisée en 2019 (en anglais).

Quand la confiance chasse la peur

Rien à voir avec le passé. « Les paysan·ne·s redoutaient de manger et de fêter ensemble, craignant d’être victimes d’actes de sorcellerie ou de malveillance. Le groupe de solidarité nous a permis de vaincre peu à peu cette méfiance », relate Jael.

Cette réussite est aussi due au fait que les membres accueillent à tour de rôle les cours et les autres activités communes du groupe. « De la sorte, nous travaillons chaque fois sur une autre ferme, nous faisons davantage connaissance et la confiance s’installe. Avant, l’intérêt individuel primait, aujourd’hui, nous agissons ensemble. »

Depuis qu’elle s’est convertie à l’agroécologie, la famille Okalio gagne sur tous les plans : des aliments plus abondants et plus variés, ainsi qu’une nette amélioration de son état de santé. « Auparavant, je souffrais d’ulcères gastriques et mes enfants tombaient très souvent malades », explique cette cultivatrice, mère de six enfants et grand-mère de quatre, qui déborde d’énergie. « Cela appartient au passé. »

« Lorsque la malnutrition faisait gonfler les ventres des enfants, je les cachais chez nous, parce que je n’avais pas les moyens de les emmener chez le médecin. »

Un filet de sécurité financier

L’épargne collective du groupe de solidarité est un autre filet de sécurité financier. Après le repas, les membres forment un cercle et chacun·e verse dans la caisse le montant convenu. En cas de nécessité, il est également possible de recevoir un petit crédit à bas intérêt. « Auparavant, je ne pouvais pas toujours envoyer mes enfants à l’école, car je n’avais pas assez d’argent », se remémore Jael. « Et lorsque la malnutrition faisait gonfler leurs ventres, je les cachais chez nous, parce que je n’avais pas les moyens de les emmener chez le médecin. La situation était la même pour toutes et tous : il n’y avait aucune solidarité, l’égoïsme dominait. »

Les tensions étaient aussi palpables dans les familles. « Mon mari et moi ne cessions de nous disputer ; parfois, il m’a même frappée. Nous, les femmes, travaillions aux champs et à la maison, mais les hommes géraient l’argent. Lorsque j’en avais besoin, je devais lui en mendier un peu. » Aujourd’hui, Jael dispose de la récolte et gère les finances familiales. Son mari et ses enfants l’aident au travail des champs, apprécient l’estime de soi qu’elle s’est forgée et respectent son opinion. « De nombreuses personnes s’adressent à moi, désireuses d’apprendre à pratiquer l’agriculture avec autant de succès. »

 

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